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par Mathieu Mokolo
RD Congo (Syfia Grands Lacs /RD Congo) Pour limiter la fraude douanière à la frontière entre les deux Congo aux environs de Mbandaka (nord-ouest de la RDC), des équipes mobiles de contrôle patrouillent depuis deux ans le long du fleuve Congo. Désormais de nombreux commerçants préfèrent payer les taxes que des amendes.
Ce dimanche de fin septembre, deux embarcations bondées de marchandises et de passagers s’arrêtent au poste de taxation (encore provisoire) de Bolenge, 10 km en aval de Mbandaka, le chef-lieu de la province de l’Equateur, dans le nord-ouest de la RD Congo. Des douaniers y pénètrent par équipe de deux ou trois agents pour identifier les produits importés de la République du Congo voisine. Presque tous les bagages sont remués de font en comble pour s’assurer que quelques malins n’ont rien caché. Munitions de chasse, produits pétroliers, tissus… sont inventoriés et déclarés sans peine par leurs propriétaires. "La veille, d’autres agents ont été déployés dans différents embarcadères, parfois dans des endroits isolés pour empêcher le passage clandestin des marchandises et surprendre les contrevenants", explique Michel Abanda, le chef de poste de Bolenge. Toutes les deux semaines, de petits commerçants font, en effet, des navettes régulières entre Mbandaka et le marché de Liranga, situé à 125 km en aval, de l’autre côté de la frontière. Profitant de nombreux cours d’eau, marécages et îlots et de la porosité de la frontière sur le fleuve Congo, certains échappent souvent à la douane. Pour les en dissuader, l’Office congolais des douanes et accises (OFIDA) a multiplié, depuis près de deux ans, les mesures de contrôle pour à la fois freiner la fraude et combattre la sous-évaluation des produits en provenance du Congo Brazzaville. La peur d’être sanctionné… En plus de l’unique poste douanier du port de l’Onatra à Mbandaka, les équipes mobiles organisent donc des contrôles surprises à divers points de passage clandestins de marchandises. Des mesures qui commencent à porter leurs fruits et à transformer les habitudes des commerçants. Car les contrevenants courent le risque de voir leurs biens confisqués ou de payer jusqu’à 30 fois le prix de la marchandise qui passe la frontière en fraude. "Maintenant, les gens ont pris conscience de ce fait. Ils ne veulent plus risquer leurs biens en fraudant", affirme Michel Epuka, un commerçant qui n’a pas du tout envie de s’exposer à des pénalités ni voir ses produits confisqués. Directeur provincial de l’OFIDA/Equateur, Augustin Bozobi se réjouit aujourd’hui des résultats de cette stratégie payante pour son entreprise. "Les opérateurs économiques arrivent quand même à payer, même s’il est vrai que certains nous échappent encore. Pour nos sept premiers mois de 2009, nous avons réalisé plus de 130% de nos assignations budgétaires (un peu plus de 100 millions de FC)…", remarque-t-il. Confiant, il compte sur la bonne foi de ces opérateurs qu’il considère avant tout comme des partenaires. "Nous savons que ce n’est pas de gaieté de cœur qu’ils payent la douane. Mais c’est une imposition et nous, nous avons l’obligation de renfloueur les caisses de l’Etat…", explique Bozobi. La carotte et le bâton Bon nombre de personnes qui font le commerce frontalier entre les deux Congo fraudent à cause, disent-elles, du taux élevé des frais de douane. Un colis est taxé entre 5 et 6 % de sa valeur marchande. S’ils acceptent à présent de s’acquitter de cette obligation, ils sollicitent néanmoins une révision à la baisse de cette taxe. Augustin Bozobi qui reconnaît que ces commerçants ne sont pas généralement fortunés et pas très bien imprégnés de la culture fiscale, préfère souffler le chaud et le froid. "Nous continuons à les sensibiliser, à les conscientiser afin de les amener à s’acquitter de leurs obligations…", clame-t-il. Ainsi, ces derniers temps, l’OFIDA privilégie la sensibilisation à la sanction directe. Mais en même temps elle met en garde les fraudeurs invétérés : "Les amendes équivalant à 30 fois les frais douaniers non payés seront appliquées et là, beaucoup seront amenés à fermer boutique. Ce qui n’est pas bon pour eux ni pour nos recettes… ", fait remarquer le responsable provincial du service de douane. ![]() version imprimable |
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