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par Evariste Mahamba
RD Congo (Syfia Grands Lacs/RD Congo) A Rutshuru au nord-est de la RD Congo, autorités locales, population, police et armée collaborent pour assurer la sécurité dans la ville et ses environs. Avec de bons résultats. Mais les militaires qui ne sont pas payés risquent de les remettre en cause.
Début octobre, cinq armes AK 47 ont été remises volontairement par la population d’un quartier de Rutshuru-centre à l’Autorité de ce territoire, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. ″La sécurité est non seulement l’affaire des militaires, mais aussi de toute la population. Celle-ci nous sert d’yeux et d’oreilles″, commente Amisi Kalonda, le nouvel administrateur de Rutshuru. Assis dans son bureau, c’est l'air heureux qu’il explique aux journalistes les stratégies mises en place pour y arriver. ″J’ai circulé dans les différents quartiers pour montrer l’importance de se désolidariser des bandits armés. Je promets la sécurité et une prime à ceux qui permettront de récupérer des armes, comme cette personne qui m’a indiqué un stock caché dans des maisons.″ Il précise que des armes avaient été distribuées à des familles pendant la récente guerre d’octobre 2008 entre l’armée gouvernementale et le Cndp de Laurent Nkunda à Rutshuru. Beaucoup d’entre elles sont encore entre les mains de la population. Baisse de la méfiance Faire appel à la population fait toujours courir le risque d’encourager les vengeances personnelles et les fausses dénonciations. Mais, à l’inverse, le fait d’associer les habitants à la recherche de la sécurité dans les cités de Kiwanja et Rutshuru-centre a valu plusieurs réussites. A Kibututu, par exemple, à moins de 10 km au Nord, ce sont les habitants soucieux de participer à la sécurité de leur milieu qui ont signalé début octobre aux militaires la présence autour de cette petite agglomération de présumés membres des Fdlr (des groupes armés de Hutus rwandais composés en partie d'anciens génocidaires), venus piller les biens de la population civile. Cette menace a dès lors été déjouée par les forces gouvernementales. L’espoir de sécurité surgi depuis trois ou quatre mois à Kiwanja et à Rutshuru-centre doit beaucoup à l’implication des autorités locales civiles dont l’administrateur, les chefs de cités et de quartiers ainsi que la police. Tous vont à la rencontre des habitants des différents quartiers. Le Commandant de la Police nationale congolaise du district de Rutshuru précise que ″dans notre façon de sensibiliser, nous échangeons avec les habitants, nous leur disons de ne pas avoir peur parce que nous sommes prêts à leur porter secours en cas de représailles.″ Résultat : ″Grâce à la sensibilisation que j’ai menée auprès des leaders les plus influents de l’endroit, mon service est parvenu à arrêter, il y a peu, à Kiwanja une vingtaine d’hommes soupçonnés de travailler pour le compte des Fdlr et de la faction mai-mai du Pareco [″Patriotes résistants congolais, ndlr]. Ils ont été transférés à Goma, au parquet de grande instance", ajoute-t-il. Pourtant, jusqu’il y a peu, la méfiance était grande entre la population et les militaires. Les deux parties se renvoyaient la responsabilité de l’insécurité. Les gens accusaient les militaires d’être les auteurs des assassinats et vols à main armée, tandis que les militaires reprochaient à la population d’être de mèche avec les bandits. Chaque jour, on entendait des tirs, ou les échos de tueries ou de vols. Parfois jusqu’à 10 assassinats en deux mois dans ces deux cités séparées de 4 km seulement. Payer les militaires Une des démarches favorisant la sécurité est la réunion régulière des responsables, que ce soit au bureau des autorités de Kiwanja et de Rutshuru, ou au quartier général de la Monuc à Kiwanja, chaque fin du mois. Chefs de cités, notables, police, armée et responsables des différentes associations évaluent sur la situation sécuritaire et cherchent des pistes de solution avant de formuler des recommandations aux uns et aux autres. Tout n’est pas résolu pour autant. Un obstacle réside dans les retards de paiement des soldes des militaires, selon certains chefs de quartiers de Kiwanja. L’un d’entre eux raconte : ″Des militaires ont fait incursion dans des maisons du quartier de Buturande, tentant arracher des téléphones et autres objets de valeur aux habitants. La population est parvenue à leur ravir deux armes.″ Les militaires qui tentent de s’opposer aux méfaits de leurs collègues sont eux aussi en danger. Ainsi, selon l’AFP, le samedi 24 octobre, des militaires des Forces armées congolaises (Fardc) ont tué leur commandant à Kitagoma (Rutshuru) parce qu’il les empêchait de piller la population… ![]() version imprimable |
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