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par Jean de la Croix Tabaro
Rwanda (Syfia Grands Lacs/Rwanda) A Kigali, le 20 juillet, toute la ville était mobilisée. Paul Kagame, le président rwandais, candidat à sa propre succession aux élections présidentielles, lançait sa campagne électorale. Panneaux publicitaires, SMS, bus, stade, forces de sécurité, rien n'a manqué à ce premier meeting.
20 juillet à Kigali. Démarrage de la campagne électorale pour l'élection présidentielle du 9 août prochain au Rwanda. A 6 heures du matin, déjà, les habitants de la capitale, dont beaucoup de jeunes, inondent la ville en T-shirts et casquettes rouge-blanc-bleu, couleurs du drapeau du Front patriotique rwandais (FPR), le parti au pouvoir depuis 1994. Les chauffeurs des dizaines de bus de la compagnie d’État qui assurent le transport d’environ 100 personnes chacun, les reconnaissent ainsi plus facilement. Ils les déposent ensuite au stade national Amahoro où la campagne va officiellement commencer. "Est-ce que ces bus sont payés ou le FPR les prend-il simplement parce qu'il est au pouvoir ? ", s'interroge un passager dans un des rares bus privés qui ne soient pas loués à cette occasion. Dans la ville, de gigantesques photos du président candidat Paul Kagame s'affichent sur la quasi-totalité des panneaux publicitaires. Vers 11 heures, le va-et-vient des gens s'intensifie. Même ceux qui avaient d’autres programmes sont obligés de venir. Ils ont reçu des SMS les 'invitant' à suivre la campagne du parti. "Ce n'est pas juste que les compagnies de téléphone donnent nos numéros à un parti sans notre consentement", estime le webmaster d'une institution publique. La journée n’est pas fériée, mais ceux qui ne sont pas à leur travail ne devraient pas être sanctionnés. Dans l’administration locale, les secrétaires exécutifs des secteurs et les maires des districts sont en effet pour la plupart présidents du comité du FPR dans leurs entités administratives. Ils doivent donc, eux aussi, participer à la fête. Femmes, hommes, enfants… Dans l’après-midi, environ 60 000 personnes : femmes, hommes, jeunes et même enfants de la rue (cette fois-ci pas pourchassés par la police) attendent Paul Kagame au stade. L’hôte d’honneur y arrive vers 16 heures. Il est accueilli par les notables du parti - pour la plupart des hautes autorités du pays - et par des artistes comme Koffi Olomidé venu de RD Congo. Il reçoit les acclamations de ses partisans assis de manière à former le drapeau du FPR avec le nom de Paul Kagame en rouge au milieu. Dans son discours, l'actuel président insiste sur les grandes réalisations pour le développement du parti au pouvoir pour montrer que son candidat – en l'occurrence lui-même- mérite d’être réélu. En ce jour de saison chaude, les partisans tiendront jusqu’à 21 heures, fin de la fête. "Il y a de la bière en abondance, ce n’est pas un problème !", assurait d'avance un homme décoré d’insignes du parti. Quant à la sécurité, pas d’inquiétude. La police et l’armée s’en sont chargées, surveillant même les airs par hélicoptère. Avant de lancer sa campagne, le candidat du FPR, au cours d'une conférence de presse, avait à ce propos appelé les journalistes locaux et internationaux à oublier les rumeurs, selon lui infondées, comme quoi la période qui s'ouvre serait marquée par l’insécurité. Il a réaffirmé qu’il n’y aurait aucun incident d’ici la fin des élections, voire après. ![]() version imprimable |
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