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30-04-2016

Faute de récépissés et d’agréments, des groupements sont rackettés

Au nord-est de la république du Congo, à Djambala, chef-lieu du département des Plateaux, seul ¼ de groupement agricole possède tous les documents officiels requis. Les autres sont mal informés, parfois même rackettés par des autorités locales. Un frein pour se développer et obtenir des subventions.

«En tant que groupement agricole, c'est normal que nous ayons des récépissés et agréments pour être reconnu au niveau de l’administration et bénéficier d’éventuelles aides agricoles auprès des bailleurs», résume Bernadette Malouri Bazoua, présidente de la Coopérative chrétienne pour le développement du district de Djambala et membre de l'assemblée plénière du Programme concerté pluri-acteurs Congo (PCPA).
Dans les Plateaux, en particulier dans le chef-lieu départemental Djambala et ses environs, bon nombre de groupements n’ont pas de récépissé, ni d’agrément officiel et aucune information sur les conditions à remplir pour obtenir ces précieux sésames. Ivanovo Ndzaba, chef de secteur agricole de Djambala, rappelle que, pour obtenir l’agrément les groupements agricoles « doivent se présenter à la direction générale d’action coopérative, une direction du ministère de l’Agriculture à Djambala, avec leur règlement intérieur, leur projet détaillé (feuille de route, Ndlr), une somme de 5 000 Fcfa (7,5 euros) et leur statut (document standard à leur disposition dans cette direction moyennant 2 500 Fcfa, moins de 4 euros, Ndlr).»
Pour les groupements qui ont déjà des récépissés délivrés par la préfecture, ils doivent aller à la direction générale d’action coopérative, à Brazzaville cette fois, munis de leur récépissé pour avoir un agrément. Il leur en coutera, en principe, à nouveau 5 000 Fcfa et ce dernier sera établi en une semaine environ. A noter que les délais d’obtention et les prix varient selon le lieu de délivrance des documents... « Après avoir réuni les documents fondamentaux (statut et règlement intérieur, Ndlr), ne sachant pas où aller, nous nous sommes présentés à la préfecture munis de 20 000 Fcfa (30 euros). Un récépissé avait alors été établi pour notre groupement, témoigne Bernadette. Elle poursuit, dans ces milieux administratifs, les informations ne sont pas communiquées de manière précise. Jusqu'à présent, nous ne sommes pas encore en possession de l'agrément. A l’avenir, si nous sommes mieux renseignés, notre situation changera plus facilement. » Bernadette observe toutefois que connaître certaines autorités semble faciliter l’obtention de ces documents administratifs, même si le coût est plus élevé que le coût légal officiel...

Discuter avec d’autres groupements
Un responsable du groupement Gambion de Mpouandzio (district de Djambala) confirme : « moyennant 15 000 Fcfa (23 euros) remis à la préfecture, on m'avait établi le récépissé de mon groupement.» Des prix qui varient selon les sources ou bureaux contactés. De quoi décourager plus d’un cultivateur... « Beaucoup de jeunes groupements ne sont pas informés sur les conditions d’acquisition des documents officiels. Ils devraient discuter avec les anciens pour connaître la procédure. A l’époque, je m’étais rapproché du groupement Espoir pour savoir quels documents rassembler », se souvient ce même responsable du groupement Gambion de Mpouandzio.
Pour commencer à combler ce déficit d’informations, Ivanovo Ndzaba a organisé en mars dernier une réunion avec les groupements et associations. Plus largement, il affirme mener une campagne de sensibilisation sur l’importance de se faire enregistrer et d’avoir des documents officiels pour avoir davantage de chances d’obtenir des subventions et des aides.
Selon le chef de secteur agricole, « depuis ma prise de fonction (il y a plus d’un an, en février 2015, Ndlr), j’ai recensé 16 groupements sur Djambala. Parmi eux, quatre ont les agréments nécessaires. » Soit seulement un groupement sur quatre dans le chef-lieu départemental… Pour les autres, le flou demeure.

Makoumbou Flore Michèle